Ejaculation précoce, prématurée















































Précoce, prématuré, trop vite, trop tôt... par rapport à quoi donc ?

"Je n'arrive pas à me contrôler."
"Je n'arrive pas à faire jouir ma / mon partenaire."

Un mot entendu ? "déjà" ? dit la/le partenaire...
Le mot est enregistré. Si ça n'arrive qu'une fois ce n'est pas grave.
C'est trop d'alcool, trop de fatigue, ou bien juste pour faire plaisir... à l'autre.. car moi je n'en avais pas forcément envie à ce moment là... alors je me suis dépêché.

Ah !!! la jouissance trop en avance se répète...au secours !!

L'inquiétude de départ se transforme en peur et des phrases mentales commencent à se créer avant l'acte : "j'espère que je vais y arriver" ou "je sens que ça ne va pas le faire" ou  bien  "Je ne vais pas être à la hauteur"...

Eh plus j'y pense, et plus ça m'énerve et moins j'y arrive.

Bien souvent, même si le/la partenaire est compréhensif  et ne dit rien, le stress de ne pas ou plus arriver à bien contrôler son éjaculation augmente dans sa tête. Desfois jusqu'à y penser tous les jours comme une obsession qui monte en crescendo et qui peut atteindre un état de panique jusqu'à trouver des alternatives, subterfuges pour retarder la pénétration : jeux érotiques, préliminaires, à rallonge, utilisation de sex toys, éjaculations répétées ( la deuxième dure déjà souvent plus longtemps).

Ce pénis qui ne répond plus comme il faut et quand il faut. oh la la ! se dit il, je risque de la/le perdre, il/elle va me quitter.

Ca a commencé un jour ou bien c'est comme ça depuis toujours ? peut être n'êtes vous pas assez dans l'observation de vos propres sensations du corps...pour une bonne maîtrise. si c'est le cas, une rééeducation sensorielle est possible (et pas celle que l'on voit dans les films pornos !! qui déforment votre vraie réalité de la sexualité).
 
Sauf pour les couples qui sont dans un dialogue très, très ouvert sur le sujet de leur propre intimité (et ce n'est pas la majorité), parler de ses difficultés sexuelles est pour un homme, la chose la moins aisée. Car c'est aussi perdre son sentiment de puissance de mâle, qui n'arrive pas à donner du plaisir à sa/son partenaire. Or, dans ce que beaucoup d'hommes croient pour vrai, le/la partenaire satisfaite dans les jeux amoureux, consolide le lien de la relation, du couple :"c'est grâce à moi qu'elle / qu'il a du plaisir, bien être ; et donc elle a besoin de moi..." 

Et lorsque le trop tôt, le trop vite s'installe comme un programme répétitif qui tourne en boucle dans la tête et dans le corps, cela peut devenir une obsession.... dont on ne parle à personne.

Il y a des hommes que j'ai accompagné en thérapie qui se sont interdit toute relation sentimentale et  sexuelle durant des années, cinq ans, dix ans. A cause de cette obsession. 

Un mot ou un regard interprété d'une situation antérieure qui est conservé. 
STOOOOOOP !!!

Dédramatisez !!

Commencez peut être par dédramatiser la situation parce que, si ces possibilités décrites plus haut résonnent en vous, vous n'avez peut être plus suffisamment de clarté mentale pour avoir du recul.

Le contrôle de soi et de son excitation commence par le cerveau. Et autant la peur de ne pas y arriver a grandi en vous, autant elle peut aussi se déprogrammer !

Qu'on se souvienne bien que le mécanisme de la procréation, dans notre cerveau reptilien masculin, animal, est programmé pour éjaculer au bout de 17 secondes.....

Ce n'est que depuis un peu plus de cinquante ans que la notion du "droit au plaisir féminin" s'est ancrée progressivement dans notre société. Avant, l'homme se souciait peu du temps qu'il passait à "durer". Et peut être que vous, Mesdames, Messieurs, vous êtes aussi partie prenante dans le contrôle de votre conjoint.

Nul n'est fautif à 100% dans un couple. Il y a très souvent une co-responsabilité dans le comportement sexuel de l'autre. Mais chaque situation est particulière... ne soyons pas hâtif pour faire des analyses sauvages ou juste effectuer un copier-coller d'une réponse trouvée sur un site web ou dans un bouquin spécialisé.

L'éjaculation prématurée n'est donc pas une maladie ! A tout problème, se relie une solution. S'il ne s'agit pas d'un problème mécanique :

- infection de l'urêtre,
- infection de la prostate, 
- consommation de drogues,

mais psychosomatique, une rééducation sensorielle ou une déprogrammation des peurs par l'EMDRT, ou encore une reprogrammation du contrôle par l'hypnose peut, en quelques séances seulement, améliorer, voir installer la confiance et la maîtrise de soi pour être à l'aise dans sa sexualité.

© Edith Wehrlé